Frans Veldman

Frans Veldman
6 septembre 1921- 25 janvier 2010

« Sous l’influence d’expériences atroces, inhumaines, lors de la guerre, qui ont eu un impact déterminant sur ma vie, (j'étais à l'époque jeune étudiant en médecine), j’ai décidé de consacrer ma vie aux sciences de la vie, plus spécifiquement humaines, pour comprendre les émotions, dispositions d’esprit, états d’âme en cas de maladies, de souffrances, d'angoisse de mort, etc…, bref, ce qui meut et émeut les humains lors d’affections médicales, psychologiques et pédagogiques, d’où s’est développée l’haptonomie en sa qualité de science des interactions et relations affectives dans toutes les formes de vie sociale : science de l’Affectivité ».

Frans Veldman

Frans VELDMAN est né le 6 Septembre 1921 à Vlissingen, aux Pays-Bas.

Dès sa petite enfance, il manifeste une grande curiosité. Il s’intéresse particulièrement aux comportements des êtres vivants, humains et animaux. Il passe beaucoup de temps dans la nature, qu’il aime observer et contempler. Il lit et se cultive avec l’éclectisme et l’appétit d’un autodidacte.

Jeune adulte, il s’engage dans des études de médecine qui seront interrompues par la guerre, et n’obtiendra son doctorat qu’en 1957. Entre temps, il devient père de famille (il aura sept enfants avec sa femme, Lore), et ne cesse de travailler dans le domaine de la santé.

Il se passionne pour tout ce qui concerne le développement de l’être humain et l’étude des interactions entre la vie affective et la vie sociale de celui-ci.

Il nourrit ses recherches en étudiant la philosophie, la psychologie, « l’orthopédagogie » (qui correspond, aux Pays-Bas, à une discipline au carrefour de l’orthophonie et de la pédagogie), les arts plastiques, le théâtre, la danse.

Il parle le néerlandais, l’anglais, le français, l’allemand, et lit le grec et le latin.

De la fin de la guerre aux années 70, il enrichit son expérience clinique en travaillant dans différents instituts ou hôpitaux, tant dans la prise en charge de pathologies somatiques, qu’en chirurgie, en gériatrie, et en psychiatrie. Il enseigne également dans des écoles pour les cadres et enseignants des infirmièr(e)s hospitalièr(e)s.

Progressivement, sa pensée de l’Haptonomie, « science de l’Affectivité », prend forme. Il lui apparaît alors essentiel que pour un être humain, « le droit à l’affermissement de son existence et à la confirmation affective de son être, dès sa conception, est fondamental et primordial. Un monde qui se veut « humain » doit, avant tout, respecter et garantir ce droit fondamental. Une humanité véritable ne peut exister que là où ce droit est reconnu et respecté. Préserver ce droit, en tant que droit fondamental de l’homme concerne la responsabilité de chacun ».

Il fonde en 1963 “l’Académie d’haptonomie et de kinésionomie” à Nimègues. Au fil du temps, son enseignement se fait connaître, se répand et sa notoriété fait de lui une figure incontournable du paysage hospitalier néerlandais de la fin des années 70.

En 1978, il quitte les Pays-Bas pour la France et le soleil des Pyrénées Orientales où il a l’intention de s’installer pour sa retraite. C’est à cette époque que Marie-Claire BUSNEL, partie donner une conférence aux Pays Bas, y rencontre Frans VELDMAN. Vivement intéressée par leurs échanges, elle lui propose de rencontrer des collègues à Paris. C’est ainsi que Bernard THIS et Catherine DOLTO invitent Frans à venir présenter son travail et ses recherches dans le cadre du GRENN (Groupe de Recherche et d’Etudes du Nouveau-Né).

Sa retraite française sera de courte durée : nos pionniers demandent à ce  « drôle de médecin qui parle avec les fœtus » d’introduire l’haptonomie en France et de les former à cette approche qu’ils perçoivent comme révolutionnaire.

Frans finit par céder à leur requête en leur faisant promettre que s’il accepte de les former à l’haptonomie, ils viendront l’aider à former et transmettre à leur tour.

En 1980, il fonde la “Société Internationale de Développement et de Recherche de l’Haptonomie” en France. La maison qu’il avait choisie pour sa retraite à Oms dans les montagnes du pays catalan, se transforme en centre de formation, que Frans dirige aux côtés de sa fidèle collaboratrice Anne-Marie Van POLEN qui deviendra son épouse.

Frans VELDMAN transmet, en Juin 2006, la responsabilité de la transmission de l’haptonomie aux personnes qui l’ont accompagné dès le début de son enseignement en France. Le CIRDH-Frans VELDMAN  prend alors ses quartiers à Paris. La propriété intellectuelle et l’œuvre de Frans appartiennent à la fondation « Archives Frans VELDMAN » aux Pays-Bas, détenue par Ine OP HEIJ, Anne-Marie van POLEN, Hervé GERMA, Dominique DECANT, et Catherine DOLTO.

Frans VELDMAN poursuivra son travail et ses recherches dans sa demeure, à Oms, jusqu’à son dernier souffle, le 25 janvier 2010.